DI & HPI : Les comorbidités

DI & HPI : Les comorbidités

L’intelligence est l’une des notions les plus difficile à décrire en psychologie.
Quand parle-t-on de déficience ? Et le Haut Potentiel Intellectuel ? D’autres TND peuvent être liés ?
Cet article réponds à toutes ces questions !

Partie 1

L’intelligence comment la définir ?

L’intelligence est l’une des notions dont la définition n’est pas toujours été très claire, et qui a dû faire l’objet d’un consensus.

Conception Globale

On retrouve notamment dans cette conception deux psychologues :

  • Spearman
  • Catell

Concernant Spearman, c’est lui qui parlera de facteur g. C’est un facteur dit général, qui affectera toutes tâches. Il parlera également d’un facteur spécifique qui n’intervient que dans une tâche en particulier.

Catell, lui, va différencier 2 types d’intelligence. L’intelligence cristalisée, liée aux acquis notamment et qui est dépendante de l’environnement social. Et l’intelligence fluide, qui elle sera dépendante de notre patrimoine génétique et qui fluctuera en fonction de notre environnement (médicaments, drogue, etc…)

Conception analytique

On retrouvera également deux chefs de file :

  • Guilford
  • Thurstone

Thurstone décrira 7 aptitudes primaires :

  • Compréhension verbale
  • Fluidité verbale
  • Aptitude numérique
  • Aptitude spatiale
  • Mémoire
  • Vitesse perceptive
  • Raisonnement

Guilford quant à lui considère que l’intelligence est constituée de capacités indépendantes les unes des autres.

 Il définit l’intelligence comme l’ensemble de ses aptitudes mentales primaires qui vont être organisées selon trois dimensions : contenus (visuel, auditif, symboliques, sémantiques, comportementaux), produits (unités, classes, relations, systèmes, transformations, implications) et opérations (évaluations, productions contingentes ou divergentes, mémoire, cognition).

Conception cognitive

Ici on retrouvera notamment Kaufman et Kaufman, qui eux mettent en évidence deux catégories de processus mentaux :

  • Les processus séquentiels : traitement du problème par étapes
  • Les processus simultanés : traitement des différentes étapes d’un problème en même temps.

Cette distinction repose :  

  • D’une part sur la localisation des régions cérébrales particulières, le fronto-temporal est plus lié au séquentiels, alors que le pariéto-temporal est plus lié au simultanés.
  • D’autre part sur la mise en évidence d’une spécialisation hémisphérique selon la nature du traitement. Hémisphère G : traitement analytique Hémisphère D. Traitement Global. 

Attention cela reste bien évidemment théorique.

D’autres dimensions ?

Intelligence multiple

Concept de Gardner, pour lui chacune des 7 formes d’intelligence est autonome, et indépendante. On retrouve donc :

  • L’intelligence musicale : sensibilité musicale et don pour un instrument. 
  • L’intelligence kinesthésique : utilisation précise de son corps 
  • L’intelligence logico-mathématique : raisonnement logico-mathématique 
  • L’intelligence langagière : compréhension et utilisation du langage 
  • L’intelligence spatiale : représentation et manipulation des objets dans l’espace. 
  • L’intelligence interpersonnelle : sensibilité aux autres, à l’expression de leurs intentions et humeurs. 
  • L’intelligence intrapersonnelle : connaissance et l’analyse de soi, de ses émotions et de ses sentiments.

La créativité

C’est une dimension de l’intelligence qui est difficile à concrétiser. Il n’y a pas de consensus au moment de la définition. 
Les psychologues ont essayé de la définir comme : la capacité de réaliser des productions qui soient à la fois originales et adaptées.

Guilford puis Torrance ont distingués 4 aspects de la créativité pouvant donner lieu à 4 mesures de la pensée créative : 

  • La fluidité : ou l’aptitude à fournir un grand nombre d’idées (nombre total de réponses pertinentes données en réponse à un problème)
  • La flexibilité : ou l’aptitude à produire des réponses très variées, appartenant à des domaines différents (nombre de catégories différentes de réponses) 
  • L’originalité : ou l’aptitude à produire des idées non évidentes ou peu fréquentes (le degré d’originalité d’un produit étant proportionnellement inverse à sa fréquence dans la population) 
  • L’élaboration : ou l’aptitude à développer et embellir les idées (le nombre de détails additionnels utilisés pour développer une réponde en plus de ce qui est nécessaire pour communiquer l’idée de base)

Intelligence sociale

Forme d’intelligence plus concrète qui concerne les relations avec autrui et se manifeste dans les situations de la vie quotidienne où l’on interagit avec les autres. Définie comme la capacité de comprendre l’autre, cela s’appuie sur les signes verbaux, et les signes non verbaux qui vont renseigner sur les pensées, les émotions et les intentions, mais aussi d’agir efficacement dans les situations sociales.  

O’Sullivan et Guilford ont distingué 4 aspects de l’intelligence sociale : en s’appuyant sur des tests d’intelligence sociales.

  • La connaissance des implications du comportement : capacité à prévoir des conséquences d’un comportement  
  • La connaissance des classes de comportement : comment on peut repérer des évènements qui permettent de les catégoriser.  
  • La connaissance des transformations de comportement : capacité que des mêmes comportements peuvent avoir des significations différentes dans des contextes différents  
  • La connaissance des systèmes de comportement : essayer de reconnaître la structure des situations sociales.

Partie 2

La déficience intellectuelle

On parle de déficience intellectuelle lorsque l’on a un QI inférieur à 70, sur les échelles de Wechsler (voir la courbe du QI), qui sont les échelles de mesure de l’intelligence les plus utilisées. Il existe plusieurs niveaux de « sévérité ».

Déficience légère à modérée70 < QI < 55
Déficience modérée à sévère55 < QI < 40
Déficience sévère à profonde40 < QI < 25
Déficience profondeQI < 25

Définir la déficience

Débutons par expliquer ce qu’est la déficience intellectuelle. Prenons la définition présente dans la CIM-11, classification internationale des maladies, de l’OMS.

Les troubles du développement intellectuel sont un groupe d’affections étiologiques diverses qui apparaissent au cours de la période de développement et qui se caractérisent par un fonctionnement intellectuel et un comportement adaptatif significativement inférieurs à la moyenne, d’environ deux écarts-types ou plus en dessous de la moyenne (inférieurs au 2,3e percentile environ), sur la base de tests convenablement normalisés et administrés individuellement. En l’absence de tests convenablement normalisés et standardisés, le diagnostic des troubles du développement intellectuel doit reposer davantage sur un jugement clinique fondé sur une évaluation appropriée d’indicateurs comportementaux comparables.

Je vais vous l’expliquer. On parle de déficience intellectuelle, ou de troubles du développement intellectuel (TDI, à ne pas confondre avec le trouble dissociatif de l’identité), lorsque le fonctionnement intellectuel ou cognitif, c’est à dire, la façon dont on raisonne, est en dessous de la moyenne, c’est à dire à partir de -2 écarts types (cf. Schéma).

Pour les échelles de Wechsler la moyenne est à 100, et l’écart type est de 15. Donc on parlera de TDI à partir de 70. Le percentile correspond au fait que l’enfant fait mieux ou aussi bien que 2,3% des enfants de son âge. En gros qu’il y a 2,3% des enfants de son âge qui ont une déficience comme lui.

Et concernant les autres échelles ?

Il arrive aussi qu’aucun test existant ne soit adapté à l’enfant, et qu’il est donc impossible d’évaluer sur la base d’outils standardisés l’efficience intellectuelle de l’enfant. On fera donc une observation dite clinique de l’enfant. On observe l’enfant dans son environnement, et comment il interagit avec.

Lorsque l’OMS parle de comportement adaptif, c’est en lien avec la façon dont l’enfant va se comporter en société, et des attendus sociétaux en fonction de son âge. Il est toute fois possible que le comportement du jeune soit adapté, et que celà soit difficile à déceler.

La déficience intellectuelle c’est donc

  • Un QI inférieur à 70 lorsqu’il est mesurable par une échelle de Wechsler
  • Si on utilise une autre échelle : K-ABC II, CPM, SPM, il faudra se référer à leurs étalonnages.
  • Un comportement adaptatif en deçà des attendus pour l’âge chronologique.

Partie 3

Le haut potentiel intellectuel

Ah le HPI, souvent décrié, stéréotypé, assimilé à un don, à du génie, et bien d’autres encore…

Haut potentiel : un handicap ?

Le Haut Potentiel Intellectuel n’est, à l’heure actuelle, pas défini comme un trouble du neurodéveloppement. Pourquoi ?

Parce qu’il n’est pas considéré comme handicapant. En quoi avoir un QI plus élevé que la moyenne est handicapant ? Mais quelle question débile, c’est chouette d’avoir un QI élevé, ça ne t’empêche de rien faire !

Et bien ce n’est pas vrai, en tout cas cela est ma vision des choses. On retrouve de nombreuses caractéristiques chez les HPI :

  • Troubles du sommeil
  • Anxiété
  • Manque d’inhibition
  • Haut niveau de langage
  • Pensée réactive
  • Pensée intempestive
  • Et bien d’autres…

Tous différents

Bien évidemment chaque personne HPI ne présentera pas les mêmes caractéristiques, et certains vivront leur HPI très bien, et ne savent même pas qu’elles ont un QI plus élevé que la moyenne. On vient poser la question du HPI quand on remarque des difficultés, cela peut être une décrochage scolaire, des difficultés d’endormissement, un retrait social…

Décrochage scolaire

Il arrive bien souvent que les enfants HPI soient en décrochage scolaire, et il n’y a rien d’illogique là dedans. Cela peut s’expliquer par un manque d’intérêt pour la matière, un manque d’affinité avec l’enseignant, un manque de significativité pour l’élève, par exemple cela n’a pas de sens pour le jeune d’apprendre à analyser un poème, il ne va alors pas s’investir dans l’exercice.

Troubles du sommeil

Les troubles du sommeil sont souvent liés au fait que la pensée ne s’arrête jamais, les personnes HPI pensent et réfléchissent en général beaucoup, cela peut aller du repas du déjeuner, à des choses plus complexes.

Retrait social

On observe souvent un retrait social, notamment chez les enfants, mais ce n’est pas toujours le cas. Ils vont surtout aller vers l’adulte auquel ils trouvent plus d’intérêt.

Il sera nécessaire de réaliser un bilan neuropsychologique complet afin de pouvoir établir la présence d’un HPI chez la personne.

Partie 4

Les comorbidités

ou troubles associés

Dans la déficience intellectuelle

  • Trouble oppositionnel
  • TDAH
  • Trouble anxieux
  • TSA
  • SAF
  • Troubles psychiatriques

Dans le HPI

  • TSA
  • TDAH
  • Trouble DYS
  • Trouble dépressif
  • Trouble anxieux

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